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De 0 à 6 ans

La diversité des langues pour mieux s'adapter

Extrait du numéro 211 de la revue Entendre : Les nouvelles couleurs de l’AQEPA

Julie St-Hilaire

Un premier choix de mode de communication

David-Alexis est né avec une surdité neurosensorielle bilatérale diagnostiquée à l’âge de deux ans et demi. Il présentait alors un sérieux retard de langage. Il a été pris en charge par le centre de réadaptation de Jonquière. Au départ, en tant que parents, nous voulions que notre enfant soit le plus oraliste possible.

À ce moment, il n’était pas question pour nous de faire des signes avec lui. Nous participions du mieux que nous le pouvions aux thérapies d’orthophonie. Mais, il fallait bien se rendre à l’évidence que notre fils ne possédait pas beaucoup de vocabulaire. Il se débrouillait en ce qui concernait la routine à la maison, mais il fallait lui faire acquérir le plus de vocabulaire possible afin de bien le préparer pour l’école.

C’est alors que son audiologiste et son orthophoniste nous ont proposé d’instaurer quelques signes naturels et quelques signes de la LSQ dans le but d’augmenter sa connaissance de concepts et d’enrichir son vocabulaire. David-Alexis a tout de suite démontré un intérêt pour les signes ce qui nous a motivés à en apprendre le plus possible. Notre famille et le personnel de la garderie ont soutenu notre démarche en s’investissant dans l’apprentissage de quelques signes avec nous.

D’ailleurs, les intervenants du centre de réadaptation ont tout mis en place pour nous organiser une formation selon les besoins de David-Alexis. Tous les éléments étaient au rendez-vous pour le développement du langage de notre garçon.

L’entrée à l’école

À 4 ans, il a commencé l’école en intégrant une classe de maternelle 5 ans afin de se familiariser avec les concepts de la vie scolaire. Un autre enfant vivant avec une surdité était dans cette classe. Cela a permis à David-Alexis de bénéficier d’une interprète gestuelle. Il a alors appris plein de nouveaux signes et son langage s’est beaucoup développé. Il était fin prêt pour sa maternelle. À l’école, il est toujours accompagné d’une interprète. Par contre, le choix du mode de communication a beaucoup varié avec les années bien que David-Alexis ait toujours su s’y adapter.

Il a commencé par la LSQ, ensuite, faute de ressources en LSQ, il a reçu de l’interprétariat en français signé accompagné de gestes naturels. En première année, la LPC a été tentée, mais les codes ont été difficiles à apprendre pour lui. Alors maintenant, puisqu’il a tout récemment obtenu un implant cochléaire, il reçoit de l’interprétariat oral accompagné de signes à l’occasion. David-Alexis fonctionne bien à l’école, mais son interprète lui est d’un soutien incroyable.

À la maison, nous mettons l’accent sur l’oral et n’utilisons les signes qu’à l’occasion avec David-Alexis. Par contre, nous nous sommes remis dans l’apprentissage du français signé, car notre fille, Chloé, présente une surdité beaucoup plus importante que son frère. L’instauration des signes a été bénéfique pour elle. Dès le départ, elle a manifesté un intérêt marqué en tentant de reproduire nos gestes. À ce jour, elle signe une dizaine de mots et en comprend environ une vingtaine. Son langage devrait bientôt se développer, car elle vient tout juste de recevoir un implant cochléaire.

Importance de la diversité des langues

Finalement, au départ nous étions réticents à l’idée de communiquer à l’aide de signes avec nos enfants. Nous avons compris que c’est en appuyant le langage parlé avec des signes que nous renforcerions leur langage et leur vocabulaire et que c’est de cette façon, que nous parviendrons à les rendre le plus oraliste possible. Du moins, nous en avons la preuve avec David-Alexis qui s’exprime bien et qui est compris en public. Il présente encore un retard de vocabulaire qui devrait, à force de travailler, s’amoindrir.

Pour Chloé, le pronostic est bon puisqu’elle a reçu son implant en bas âge.