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Spécialistes et intervenants

L’évaluation audiologique des enfants

Extrait du numéro 217 de la revue Entendre : Trucs, astuces et nouveautés pour mieux communiquer

Amélie Gaudreault, audiologiste

Amélie Gaudreault est audiologiste aux Polycliniques de l’Oreille dans la région de Québec depuis 9 ans pour une clientèle de tout âge et membre impliquée au comité «promotion de la profession» de l’Association québécoise des orthophonistes et des audiologistes (AQOA).

Il est prouvé qu’une perte auditive congénitale, identifiée le plus tôt possible dans la vie d’un enfant, diminue le risque de retard de développement global et langagier. On encourage ainsi les parents à rester vigilants quant aux signes qui pourraient sonner l’alarme d’une surdité chez leur bambin.

Le type d’évaluation audiologique pratiquée chez les enfants est déterminé par son étape de développement.

En bas âge, on administre un dépistage par émissions otoacoustiques, lequel fournit des indices quant à l’intégrité des cellules ciliées externes, dans l’oreille interne. Des résultats normaux nous permettent d’écarter une perte auditive importante mais peuvent ne pas détecter les enfants avec une perte auditive légère. Les parents sont encore une fois invités à demeurer vigilants lorsque l’enfant grandit, même si un dépistage auditif a été adminsitré.

Dès que l’enfant peut se tenir assis, dans une chaise-haute ou sur les genoux de ses parents, on peut réaliser une évaluation par conditionnement visuel. Cette technique repose sur l’observation du comportement de l’enfant. L’audiologiste montre à ce dernier qu’une image sur écran apparaît ou qu’un objet s’anime à chaque fois qu’un son, une musique ou un autre type de bruit se fait entendre. Cette image ou objet s’appelle le renforçateur. Le mouvement de tête volontaire de l’enfant vers ce renforçateur constitue l’indice que l’enfant a entendu le son qui le précède. On peut de cette façon s’assurer que l’enfant réagit à des sons de faible intensité. L’un des défis de ce mode d’évaluation est de capter l’attention du bambin, qui a généralement moins de 2 ans.

À partir du moment où l’enfant peut montrer des images en pointant du doigt, il est généralement capable de subir une évaluation par conditionnement par le jeu. On identifie notamment le plus faible niveau sonore possible auquel l’enfant arrive à nous montrer des images qu’il connaît. On lui enseigne aussi une tâche ludique (souvent un casse-tête) et répétitive, qui est exécutée à chaque son entendu. On arrive à obtenir un audiogramme étonnamment complet chez un enfant, dès l’âge de 2 ans, qui présente un développement normal.

À ces tests subjectifs, nécessitant de bonnes habiletés d’observation et de jugement de l’audiologiste, s’ajoutent les tests objectifs (ne nécessitant peu ou pas la collaboration de l’enfant). On trouve, parmi ces derniers, les émissions otoacoustiques mentionnées plus haut, l’impédancemétrie, permettant de faire ressortir la condition de l’oreille moyenne, et les potentiels évoqués du tronc cérébral, utilisés dans des cas spécifiques. Selon son jugement clinique, l’audiologiste choisira le test ou la série de tests appropriés ainsi que l’ordre de leur administration, en fonction des informations au dossier, de celles obtenues lors de l’entrevue initiale avec les parents, de la collaboration de l’enfant, de son étape de développement et des facteurs de risque. C’est l’ensemble des résultats aux différentes épreuves qui permet de tirer des conclusions sur le statut auditif de l’enfant. Lorsque les résultats ne permettent pas d’écarter hors de tout doute une perte auditive de quelque nature que ce soit, l’audiologiste doit revoir l’enfant dans un court délai.