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Extrait du numéro 162 : L'école apprivoisée

Le plaisir de lire … pour papas seulement (ou presque !)
Par Marc Bérard, Montréal Régional

Lorsque nous pensons au programme Plaisir de lire, l’image qui nous vient souvent à l’esprit est une visite à domicile
où une des intervenantes remet des livres à la mère pour qu’elle les regarde ensuite avec l’enfant. Toutefois, les pères
du nouveau millénaire sont de plus en plus actifs dans l’éducation de leurs enfants (oui, oui, c’est vrai !). D’accord,
peut-être pas assez pour certaines mamans, mais quand même plus que nos pères l’étaient pendant notre enfance.
Ceci est encore plus vrai si l’on parle d’enfants vivant avec une surdité où les deux parents veulent tout faire pour pallier
les déficits qu’occasionne la surdité.

L’atelier donné par madame Bertrande Boisclair voulait donner la chance à sept papas, dont certains participent au
programme depuis quelques années et des «nouveaux recrus», d’échanger sur leur engagement dans le programme
et de partager leurs réflexions sur ce que la lecture apporte à leurs enfants.

Dans un premier temps, nous avons discuté de l’importance de valoriser les livres et la lecture dès que possible. Tous
s’entendaient pour dire que les enfants qui aiment les livres et la lecture ont beaucoup plus de chances d’acquérir un
plus grand vocabulaire. Ça leur permet aussi de voir comment s’écrivent les mots, ce qui peut faciliter la maîtrise du
français lors de leur entrée à l’école.

Ah, oui ! Je me souviens d’avoir lu …
Nous avons aussi fait un retour sur notre enfance (ouf ! on vieillit !) pour tenter de nous rappeler si nos parents lisaient
et ce que nous, en tant que jeunes, lisions. Nous avions lu des bandes dessinées, des journaux, des revues, des livres
sur des connaissances générales, un paquet de choses. Si nous voulons que nos jeunes lisent et si nous voulons
vraiment valoriser la lecture, nous devons donner l’exemple et lire nous aussi. En nous voyant rire, réagir et discuter
de ce que nous lisons, nos enfants seront d’autant plus intéressés à partager l’expérience. Un journal, une revue, une
circulaire, qu’importe, mais nous devons leur montrer qu’il y a des mots partout dans leur quotidien et qu’il est important,
utile et agréable d’y avoir accès. Et, il va de soi, il faut prendre le temps de lire avec nos enfants.

Il n’y a pas de recettes, quoique…
Nous avons aussi parlé de créer des conditions propices à la lecture et de comment garder l’attention de nos enfants
pour qu’ils veuillent que nous lisions avec eux. Qu’on utilise un mode oraliste ou gestuel, il faut éviter les endroits
bruyants ou des environnements distrayants. Après le souper ou avant le coucher semblent être des moments
privilégiés pour lire avec nos enfants. Autre point qui est ressorti – il faut trouver des livres qui intéressent nos enfants
et ne pas hésiter à lire et relire les mêmes livres. L’objectif ici est de créer un rituel, une habitude, une accoutumance
(légale et bonne pour la santé celle-là !) chez l’enfant. Par la suite, nous pouvons varier les histoires et les sujets.
À la longue, certains pères mentionnent qu’ils doivent mettre une limite quant au nombre de livres lus par « session »
de lecture car une fois que les jeunes sont accrochés, ils ne démordent pas! Tous les moyens sont bons pour retarder
l’heure du coucher !

Mme Boisclair nous a aussi présenté une séquence vidéo où elle a partagé ce qu’elle a vécu avec sa fille. Nous avons
constaté la progression dans l’attention manifestée chez sa fille de même que l’interaction qui se développe au fil du
temps. Nous étions tous d’accord que ce n’est pas toujours reposant, mais que nous devons persévérer.

Et tout ça mène où ?
Bien qu’il soit souhaitable de commencer en bas âge, il n’est jamais trop tard pour commencer à inculquer le plaisir
de lire. Nous avons réitéré le fait que si nos jeunes aiment lire des livres, cela leur donnera accès à plein de choses
qui leur échappent dans le quotidien. Nos jeunes vivant avec une surdité ne peuvent pas toujours profiter de
l’information véhiculée sur les ondes de la radio ou sur un bulletin de nouvelles à la télé qui est trop souvent mal
sous-titré. Par contre, si nous pouvons leur faciliter la lecture, nous leur rendons plus accessible des sujets d’actualité
car ils peuvent aller chercher de l’information dans les livres, les journaux, les revues et sur Internet.

Nous avons aussi souligné que la lecture est un outil non négligeable qui permet à nos enfants de mieux communiquer
avec nous, surtout lorsqu’ils arrivent à l’adolescence. La lecture permet à nos adolescents d’être mieux renseignés
quant à l’actualité et même sur les tendances (très souvent éphémères…) que vivent les jeunes et ainsi briser une
partie de l’isolement imposé par la surdité. Et, en plus, ça suscite des discussions et permet d’ouvrir des voies de
communication pendant cette période qui peut être tumultueuse pour les parents et les adolescents. C’est là que mène
le plaisir de lire car nous savons qu’un engagement paternel au plan de la lecture est un facteur clef dans
l’épanouissement de nos enfants – et c’est ça le fond de l’histoire que tout père connaît !