Extrait du uméro 179 : Les acouphènes… Ça vous sonne une cloche ?
Comment savoir ?
Par Louise Bellemare
Si les acouphènes dérangent l’enfant, il peut avoir des difficultés à trouver le sommeil, être irritable, présenter des
symptômes de dépression. Les acouphènes sont généralement plus présents en période de stress et de fatigue.
Le stress peut à lui seul, sans acouphène, causer les mêmes effets : avoir de la difficulté à dormir, être irritable,
manquer de concentration… En tant qu’adulte, nous avons oublié tout ce qui nous causait du stress comme enfant
que ce soit un examen (ça on ne l’a peut-être pas oublié), rencontrer des personnes nouvelles, réussir une dictée,
avoir un bon devoir, participer à un sport quelconque, parler devant la classe, être en punition, vouloir s’intégrer à un
groupe, désirer impressionner un ami ou faire comme lui, être en situation d’écoute difficile. Comme vous voyez ce
n’est pas simple.
Cependant, si vous percevez ces indices, vous pouvez lui en parler. Si vous le lui demandez, le jeune sera souvent en
mesure de dire s’il entend du bruit, des tintements, même s’il pense que c’est la façon habituelle d’entendre.
Naturellement, il n’est pas question d’accentuer le problème, si problème il y a, en dramatisant la situation. Le jeune
a besoin de savoir qu’il n’est pas « bizarre », que plusieurs personnes en sont affectées, que ce n’est pas dangereux.
Si vous avez des doutes, n’hésitez pas à prendre rendez-vous chez l’ORL afin de vérifier s’il n’y a pas une cause
médicale (bouchon de cérumen, otite,…). Si c’est le cas, les traitements habituels seront mis en place (enlever le
bouchon, antibiotiques,…). Parlez-en aussi à votre audiologiste. Vous vous dites sûrement que votre jeune est allé en
audiologie à maintes reprises et qu’il y va encore à chaque année. Cependant, la plupart des tests en audiologie ne
détectent pas les acouphènes, il faut qu’une attention particulière soit portée à cet aspect pour qu’effectivement
l’acouphène soit décelé. L’audiologiste demeure le professionnel à même de vous fournir un diagnostic et les outils
pour gérer la situation.
Si je parle de « gérer la situation », c’est parce que les acouphènes ça ne se guérit pas (sauf évidemment si les causes
sont médicales : otite, diabète, hypertension). On apprend à les gérer. Divers moyens ou traitements existent pour
atténuer les effets négatifs que les acouphènes peuvent occasionner, il en sera question à la page suivante.
On a vu que beaucoup de jeunes avec acouphènes pensaient que c’était la façon normale d’entendre, donc leurs
acouphènes font partie de leur vie, ne les dérangent pas outre mesure, il ne faut pas faire en sorte qu’ils deviennent un
problème. Votre réaction peut jouer pour beaucoup. Tout d’abord, il ne faut pas en faire tout un plat. Votre enfant est le
même aujourd’hui qu’hier, la situation n’est pas dramatique, encore moins dangereuse. Il faut le rassurer. Il est
important de lui dire que plusieurs personnes, jeunes et adultes, vivent la même chose, que si cela le dérange, il existe
des moyens pour les atténuer. Il peut également penser que les acouphènes sont le symptôme de choses plus graves,
par exemple qu’il est susceptible de perdre complètement l’audition, etc. L’imagination d’un jeune est très fertile,
amenez-le à exprimer ce qu’il ressent, il sera alors plus facile pour vous de désamorcer ses craintes (qui peuvent être
complètement différentes de ce à quoi vous avez pensé). Partagez avec lui l’information que vous avez recueillie.
Faites-le simplement, les enfants n’ont souvent pas besoin de grandes explications, mais ils veulent tout de même
savoir et cela leur fait du bien.
Il faut vous rassurer. Plusieurs histoires d’horreur circulent à propos de gens qui en étaient atteints de façon aiguë,
alors qu’en vérité plusieurs personnes vivent très bien avec leurs acouphènes, ne consultent même pas parce que les
inconvénients qui en résultent sont très minimes et peuvent être ignorés la plupart du temps. Informez-vous. La majorité
des sources que nous avons utilisées pour écrire les textes sont accessibles sur Internet et pourront servir à compléter
vos connaissances sur le sujet. L’audiologiste de votre enfant saura vous faire un portrait de la situation, vous prodiguer
des conseils et vous informer des ressources disponibles dans votre milieu.
Les adultes ont beaucoup plus « peur » des acouphènes que les enfants. (Les adultes ont souvent tendance à imaginer
le pire.) Une des caractéristiques de l’enfance est une grande faculté d’adaptation, c’est pourquoi la majorité des jeunes
avec des acouphènes s’y sont « adaptés ».
Sources :
www.tinnitus.org.uk - Tinnitus in childhood, David M Baguley et Don Mc Ferran FRCS, British Tinnitus Association, Mars 2005
L’Oreille bruyante, Regroupement québécois pour les acouphènes, janvier 2002
Child support, Oneinseven, numéro 41, juin/juillet 2004 pris sur le site : www.french.hear-it.org